ROUGE DANS LA BRUME – Gérard MORDILLAT – Calmann Lévy – 21.90 €
Carvin, le héros du livre, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord de la France. Son usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains qui rayent de la carte presque 400 emplois. Les ouvriers s’insurgent et occupent le site.
Il s’agit d’une suite de courtes scènes, un roman à plusieurs voix, celle de Carvin, de ses collègues, du patron de l’usine, de leurs femmes, de leurs enfants et à travers ces différents points de vue, on voit l’histoire avancer. Carvin veut aller jusqu’au bout de ses menaces, non seulement séquestrer les cadres, mais également mettre le feu à l’usine si les ouvriers n’obtiennent pas satisfaction (Au mépris de l’environnement s’il le faut). Weber, son collègue est lui, plus modéré et ne souhaite pas aller jusque là. C’est d’abord le récit d’une grève, de l’effervescence, de la solidarité qui existe dans ces moments exceptionnels. Mordillat démonte aussi le mécanisme qui conduit les actionnaires, les fonds de pension américains à demander le licenciement des ouvriers d’une usine et il donne des noms à ces ouvriers, il raconte leurs vies et le drame qui s’annonce. Il dit que la lutte des classes existe toujours et cet aspect du roman est convaincant. Plus contestable est le fait que l’auteur soutienne visiblement Carvin, le jusqu’au boutiste.
J’avais vu « Les vivants et les morts » sur France 2 il y a peu et il s’agissait de la même histoire. Je ne sais pas ce que quelqu’un qui a lu le livre dont ce téléfilm est tiré pense de « rouge dans la brume ». On dit qu’un auteur écrit toujours le même livre, mais dans ce cas, il me semble que la redite est évidente.
Toutefois, le livre est passionnant, les héros très attachants et il se lit d’une traite.

