Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 15:44

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ROUGE DANS LA BRUME – Gérard MORDILLAT – Calmann Lévy – 21.90 €

Carvin, le héros du livre, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord de la France. Son usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains qui rayent de la carte presque 400 emplois. Les ouvriers s’insurgent et occupent le site.

Il s’agit d’une suite de courtes scènes, un roman à plusieurs voix, celle de Carvin, de ses collègues, du patron de l’usine, de leurs femmes, de leurs enfants et à travers ces différents points de vue, on voit l’histoire avancer. Carvin veut aller jusqu’au bout de ses menaces, non seulement séquestrer les cadres, mais également mettre le feu à l’usine si les ouvriers n’obtiennent pas satisfaction (Au mépris de l’environnement s’il le faut). Weber, son collègue est lui, plus modéré et ne souhaite pas aller jusque là. C’est d’abord le récit d’une grève, de l’effervescence, de la solidarité qui existe dans ces moments exceptionnels. Mordillat démonte aussi le mécanisme qui conduit les actionnaires, les fonds de pension américains à demander le licenciement des ouvriers d’une usine et il donne des noms à ces ouvriers, il raconte leurs vies et le drame qui s’annonce. Il dit que la lutte des classes existe toujours et cet aspect du roman est convaincant. Plus contestable est le fait que l’auteur soutienne visiblement Carvin, le jusqu’au boutiste.

J’avais vu « Les vivants et les morts » sur France 2 il y a peu et il s’agissait de la même histoire. Je ne sais pas ce que quelqu’un qui a lu le livre dont ce téléfilm est tiré pense de « rouge dans la brume ». On dit qu’un auteur écrit toujours le même livre, mais dans ce cas, il me semble que la redite est évidente.

Toutefois, le livre est passionnant, les héros très attachants et il se lit d’une traite.

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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 10:22

    

L’INVITATION – Miquel PAIROLI – Autrement – 13€

Miquel Pairoli est écrivain, journaliste et "l'invitation" est son premier titre traduit en Français. « Tinta blava » est une collection chez « Autrement » spécialisée dans la littérature Catalane contemporaine.

Nous sommes en 1939. Pour sauver leur fils condamné à mort par les franquistes, M. et Mme Forest sont prêts à tout. D´abord intrigués par l´invitation à dîner du commissaire Carpentier, ils décident de saisir leur chance. Récital d´opéra, domestiques impassibles, conversations saugrenues : les Forest sont désarçonnés. Vont-ils enfin pouvoir parler de leur fils ? Sans compter cette interminable succession de mets au goût férocement épicé...

Le livre raconte l'histoire d'un jeu que le commissaire Franquiste impose aux parents du jeune anarchiste, une sorte de jeu du chat et de la souris et le récit est très tendu, le suspense assez efficace. On se demande ce qui est servi lors du diner, pourquoi les enfants du commissaire rient interminablement sans explications. Les personnages sont riches et bien décrits, le récit sans temps mort, court et nerveux. La conversation finale est étonnante et assez époustouflante. Bref un livre qu’on lit d’une traite en attendant l’explication finale avec impatience. 

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 11:31

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LES AVEUGLES – Bi FEIYU – Editions Philippe Picquier – 22€

Ce livre raconte la vie dans un centre de Tuina Chinois. Le Tuina est une forme de massage et une quinzaine de masseurs y sont employés. Ils sont tous aveugles et ce livre raconte la vie à l’intérieur de la petite entreprise, les rapports entre les aveugles, qui se font par le toucher, l’odorat, l’ouïe, l’auteur décrit l’amour qui se développe entre certains d’entre eux, d’où il vient et comment il se ressent. Chaque chapitre développe l’histoire d’un personnage et de son rapport aux autres.

Il n’y a aucune allusion sur la situation politique de la Chine, on se retrouve dans la peau des aveugles et on ressent ce qu’ils vivent, comment ils vivent et leurs rapports entre eux. Ce livre ne porte que sur ce sujet et on ne voit guère la Chine aujourd’hui.

Un humour discret flotte entre les lignes. Sans doute est-ce un cliché qui poursuit la littérature Orientale, mais c’est de la dentelle, il s’agit d’une littérature assez poétique, très fine, pas très palpitante, il n’y a pas de rebondissements à toutes les pages. Un certain ennui flotte également mais les personnages sont attachants.

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 11:12

 

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UN PAS DE COTE (dans la rumeur du monde) – Olivier TARGOWLA – Maurice Nadeau – 18€

Olivier Targowla est né en 1945 est auteur de nouvelles et ce roman est le sixième publié par Maurice Nadeau.

Quatrième de couverture : « Un homme manque sa cible au tir sportif. Un acteur bute sur les mots lors d'un enregistrement. Une comédienne, doublure-lumière, s'inquiète de l'état de son corps. Un footballeur, trop doué, joue une mi-temps sur deux dans une petite équipe de province. Une femme, gagnante d'un jeu de hasard, voit un homme tomber en panne devant sa maison. Ces personnages ont un point commun : engagés sur des voies obstruées, l'air commence à leur manquer. Confrontés à un certain ordre des choses, leurs existences heurtent d'invisibles parenthèses.
Ils sont à leur façon des solitaires de compagnie. Quelques rencontres inopinées laisseront pourtant passer le souffle de vie qui, de l'intérieur, ouvre un chemin, une piste possible du monde. »

Ce livre raconte le destin de personnages qui connaissent un petit moment de doute, un instant de vertige et ils se vont demander si leur vie ne devrait pas les diriger vers un autre chemin. Ces personnages se croiseront et leurs vies vont basculer.

L’intrigue est assez minimale dans ce court roman. Une certaine tristesse hante ces lignes où un retraité regrette sa vie de représentant pour une maison d’édition, où un acteur qui ne fait que des doublages regrette de ne pas pouvoir faire de scène. Ce n’est pas très gai, ce n’est pas passionnant non plus, il s’agit plutôt d’un livre dont on n’a pas envie de dire de mal, avec une certaine ambiance qui se lit sans déplaisir mais sans plaisir véritable non plus.

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 10:54

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Marien Defalvard

Du temps qu’on existait. Roman. Grasset.

  L’auteur retrace la vie d’un personnage démodé à l’allure étrange de dandy romantique, et dont l’histoire s’arrête en ce début du 21ème siècle. C’est quelqu’un de très singulier, né dans une famille désargentée qui vit au-dessus de ses moyens. Il connaît une enfance heureuse dans un milieu privilégié et un cadre désuet de riches demeures bourgeoises où l’on mène un train de vie d’un autre âge. A l’évidence, tout ce beau monde se trompe d’époque et la ruine n’est pas loin ; la décadence non plus, et son cortège de frustrations.

Ce jeune homme à l’esprit fantasque gardera toute sa vie la nostalgie de ces années d’insouciance, notamment des vacances en famille, dans la belle propriété de Sacierges, près d’Argenton sur Creuse. Sa jeunesse s’étire péniblement dans une atmosphère de rêveries et de désenchantement, à la recherche d’on ne sait quoi qu’il ne trouve pas. Il promène un regard insatisfait, assez désabusé, sur les choses de la vie, sur l’amour, les relations humaines en général. Toutes les expériences finissent par le décevoir.

Toute son existence est faite d’oisiveté et son ennui le mène de place en place, de la mer à la montagne, de ville en ville, d’un hôtel à l’autre, sans but précis. Rien ne le tire de sa langueur et le constat qu’il fait sur lui-même ne peut qu’être triste et amer. Cependant, il regarde le monde avec hauteur et un mépris non dissimulé. C’est un personnage très intrigant, un peu décalé, ni poète, ni écrivain, ni artiste, mais un peu de tout cela.

Le jeune auteur, Marien Defalvard, se révèle être un magicien des mots –avec lesquels il jongle – y prenant un plaisir évident. Il les transforme, les réinvente, crée des bizarreries, y met de la drôlerie, des sonorités surprenantes. C’est un spécialiste des néologismes dont il use et abuse parfois. Avec ce vocabulaire qu’il soumet donc à sa fantaisie, il invente un langage très nouveau et insolite. Son style, souvent désuet et un peu manièré est riche en métaphores audacieuses et ses phrases sinueuses ne sont pas sans rappeler Proust. Ce qui le caractérise également, c’est ce délire de mots qui rend un peu ivre ! Il excelle dans les descriptions : états d’âmes, sensations, paysages intérieurs, tout est pictural et sa palette est variée.   

 

Assurément, ce jeune écrivain a un talent d’une grande originalité. Il fatigue et agace parfois par cette débauche de mots, mais c’est vraiment un auteur à découvrir. Cet ouvrage est son premier roman

 G. Martin

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